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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 23:23


   
    Titre :
Castlevania : Harmony Of Dissonance
    Console : Gameboy Advance
    Version : Européenne
    Développeur : Konami Computer Entertainment Tokyo
    Editeur : Konami
    Genre : Aventure / Action
    Nombre de joueurs : 1
    Date de sortie :
20 Septembre 2002






En ce milieu de XVIIIème siècle, la Transylvanie vit en paix. Il y a cinquante ans, le valeureux Simon Belmont – avatar de Castlevania 1 et 2 – a définitivement débarrassé le monde du comte Dracula. Mais quand Juste Belmont, petit-fils de l’illustre héros, part aider son ami d’enfance, Maxim Kischine, à retrouver son amie Lydie kidnappée, les deux hommes découvrent un château qui n’est référencé sur aucune carte... En cette nuit de pleine lune, la menace du sinistre Vlad se fait à nouveau ressentir.
   
Comme Dracula renaît régulièrement de ces cendres, Konami nous gratifie régulièrement d’un nouveau Castlevania. Depuis 1986, douze plates-formes de jeu ont vu se succéder quelques vingt épisodes de la série. Harmony of Dissonance (HOD), deuxième épisode sur GBA sorti un an après Circle of the Moon (COTM), fait-il honneur à la saga ?






Belmont, Juste Belmont


Sous une pluie battante, le ténébreux château se dresse devant les deux aventuriers. Maxim, blessé, laisse Juste partir en éclaireur. Le héros se dirige vers un amas informe de pièces métalliques. A peine franchi, l'amas commence à se mouvoir ; et c'est une armure plus haute que l'écran de la GBA qui se met à sa poursuite... L'héritier des Belmont a tout juste le temps d'atteindre le château avant que le pont-levis ne soit levé, et voit le colosse s'effondrer dans le vacarme et dans les flammes. Mais Juste n'est pas à l'abri pour autant, et devra très vite user de son fouet légendaire pour se débarrasser des ennemis qui tenteront de lui barrer la route.



Fidèle à ses prédécesseurs, ce Castlevania est un jeu d’action/aventure traditionnel en 2D vu de coté. Ici néanmoins, point de niveaux qui s’enchaînent de manière linéaire. A la manière de Samus Aran (Metroid), Juste est invité à parcourir un unique mais immense donjon, qu’il peut explorer à sa guise. En réalité, cette liberté d’action est limitée ; notre héros devra impérativement vaincre certains boss et collecter des objets spéciaux (qui permettent d’exécuter glissades et autres double-sauts, de casser des murs ou d'ouvrir des portes) pour atteindre les zones du château jusque là inaccessibles.



Pour occire les hordes de monstres qu’il va affronter, Juste possède dans son arsenal, outre l’arme fétiche des chasseurs de vampires (le fouet), six armes secondaires (dague, poing, livre sacré, fiole, hache, croix), dont il dispose en quantité limitée. De plus, Juste apprendra au cours de sa quête une trentaine de sorts magiques ; nous y reviendrons.

Symphony of dissonance ?

Comme son frère aîné Circle of the Moon sur GBA, Harmony of Dissonance reprend le gameplay de Symphony of the Night (SOTN, sorti en 1997 sur Playstation, puis sur Saturn) : à l’action et à la plate-forme s’ajoute une forte dimension RPG. Améliorer ses compétences (HP, MP, attaque, défense, chance, intelligence), acquérir de nouveaux équipements (fouets, armures, accessoires) toujours plus puissants, et trouver les reliques qui permettent d’accéder à de nouvelles salles, sont une indéniable source de motivation pour le joueur ; ce qui rend cet épisode aussi accrocheur que ses prédécesseurs.



Les ressemblances avec SOTN sont saisissantes, si bien qu’on a l’impression d'être devant le même jeu. La plupart des ennemis sont des transpositions de l’épisode Playstation. Les énigmes, et plus généralement la progression "boss / relique / accès à la zone suivante" donnent une impression de déjà-vu. On retrouve en outre dans cet opus, quelques points forts de Symphony of the Night comme la possibilité de s’approvisionner chez un marchand et le principe du château inversé – que je vous laisse (re-)découvrir. Konami a donc misé sur la continuité, et les nouveautés se font rares.

Peu d’innovations


Le système de magie a subi un lifting plutôt heureux. Alors que système DSS de Circle of the Moon était complet mais lourd à gérer, celui de HOD est simple et efficace. Juste peut lancer un sort en combinant une des six armes secondaires (que nous avons déjà évoquées) avec un des cinq livres de sorts (feu, glace, éclair, vent et invocation) qu'il découvrira au cours de l’aventure. Le joueur dispose donc de trente magies, offensives et défensives, qu'il peut désormais sélectionner pendant le jeu, sans interrompre l’action en accédant au menu comme c'était le cas dans COTM.



Autre nouveauté, les objets à collectionner. A l’instar d’un Ryo Hazuki (Shenmue), Juste Belmont peut ramasser toute une panoplie d’objets inutiles ; en l’occurrence, des meubles et accessoires qui serviront à équiper une pièce du château. Cette quête secondaire, qui ajoute un challenge sympathique à l'aventure principale, sera l’occasion de constituer petit à petit une jolie salle de réception d’époque, que le joueur pourra contempler à loisir.

Une réalisation... en demi-teinte

Car entre deux actions, vous n’aurez pas fini d’admirer le spectacle visuel qu’offre HOD. La réalisation graphique est simplement somptueuse, et relègue celle de Circle of the Moon au rang d’esquisse. Les sprites sont plus détaillés et moins ternes ; leur animation est également mieux décomposée. Les développeurs de KCE Tokyo ont poussé les possibilités de la GBA à fond : afficher héros, monstres et boss souvent gigantesques, avec une telle finesse graphique et sans aucun ralentissement, tient de la prouesse technique.

La note artistique n’est pas en reste, puisque outre un design des monstres exemplaire (qui a déjà fait ses preuves dans Symphony of the Night), les décors sont riches et variés : cimetière au crépuscule, caverne lumineuse, ossuaire, lave, engrenages, mine de cristal et bien d'autres lieux sont au programme. Les développeurs n’ont pas été avares en effets spéciaux. Scrollings différentiels, distorsions, animations, effets de perspective made in Mode 7 et effets de brouillard sont légion : le résultat est plus que convaincant.



La série Castlevania a fondé sa réputation sur l’esthétique de ses bandes sonores, et ce depuis les premiers épisodes. On pouvait donc s’attendre à être une fois encore séduit par les thèmes envoûtants qui rythment les aventures de la famille Belmont. Hélas ! KCET semble avoir sacrifié la musique sur l’autel du graphisme. Dès les premières notes, on est frappé par la mauvaise qualité technique du son ; on est loin des chants de l'intro de COTM. Pire, on ne retrouve plus les mélodies entraînantes qui ont fait la gloire de la saga. Ici, plus on avance, plus les harmonies composées par Soshiro Hokkai et Michuru Yamane paraissent dissonantes ! Les bruitages, impeccables, ne compensent pas cette énorme déception.

Une quête un peu Juste...

Qu’en est-il du challenge proposé par HOD ? La progression se fait sans entrave majeure ; aucun boss, aucune énigme ne vient troubler durablement le joueur, avant un boss final légèrement plus coriace. Une fois n’est pas coutume, la difficulté de ce Castlevania est peu relevée. Si bien que la quête de Juste se boucle en une quinzaine d’heures pour un joueur moyen ; ce qui est relativement court pour la série.



Certes, finir le jeu débloque quelques nouveaux modes : la possibilité de recommencer la quête avec un autre personnage, le Boss Rush Mode qui permet d’affronter tous les boss du jeu à la chaîne, et le Sound Mode qui propose de réécouter les musiques du jeu (à réserver aux masochistes !), prolongent un peu l’aventure. Mais ça reste en deçà des épisodes précédents, notamment de Circle of the Moon qui offrait un challenge autrement plus relevé.


Au final, Harmony of Dissonance est un très bon jeu d’action/aventure, doté d’un gameplay irréprochable et d’un pouvoir d’addiction indéniable. Une réalisation graphique exceptionnelle prédestinait cet épisode au rang de digne successeur de Symphony of the Night. Hélas, le manque d’innovation peut laisser le joueur sur sa faim : énigmes déjà vues, difficulté revue à la baisse rendent l’aventure assez courte. La médiocrité de la bande son prive définitivement ce jeu du statut de "classique".

Néanmoins, Castlevania demeure une valeur sûre en termes de plaisir vidéoludique, et cet opus-là ne déroge pas à la règle : une fois la partie commencée, impossible de décrocher. Harmony of Dissonance reste donc un jeu très agréable pour les joueurs chevronnés, et un choix idéal pour ceux qui découvrent le genre.

  • Graphismes : 10/10 - Variés, contrastés, riches ; un vrai feu d’artifice visuel.
  • Animation : 8/10 - Plus détaillée et plus fluide que dans COTM.
  • Maniabilité : 8/10 - Les contrôles sont précis et intuitifs.
  • Musique/Son : 4/10 - Qualité sonore médiocre, composition douteuse.
  • Durée de vie : 7/10 - Quinze heures pour la quête principale ; les bonus ne prolongent guère l’aventure.
  • Intérêt : 7,5/10

Ce test a été publié sur le site Nihon-fr.com le 13/04/2005.

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Published by Piccolo - dans Jeux vidéo
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